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Monophasé ou triphasé : quelle borne votre installation accepte vraiment

En monophasé, le raccordement plafonne à 12 kVA : une borne 7,4 kW passe, 11 et 22 kW non. Le tableau du courant disponible par abonnement, ampère par ampère.

Monophasé ou triphasé : quelle borne votre installation accepte vraiment

La question se pose presque toujours dans le mauvais sens. On demande « quelle puissance de borne choisir ? » alors que la réponse est déjà largement écrite par votre installation électrique : le type de raccordement, la puissance souscrite, et la puissance que votre voiture est capable d'accepter. Dans la majorité des maisons françaises, ces trois contraintes convergent vers une seule réponse — et ce n'est pas 22 kW.

Monophasé, triphasé : ce que ça change concrètement

Un raccordement monophasé amène une seule phase à 230 V. Un raccordement triphasé en amène trois, à 400 V entre phases. La différence pratique n'est pas la « puissance disponible » dans l'absolu, mais le courant maximal admissible par phase.

Chez Enedis, la puissance de raccordement maximale en monophasé est de 12 kVA. Au-delà, le triphasé devient nécessaire, jusqu'à 36 kVA en basse tension. Le rapport n'est pas un hasard : 12 × 3 = 36, soit le même courant maximal par phase dans les deux configurations.

Pour savoir où vous en êtes, deux vérifications suffisent :

  • Votre facture ou votre contrat indique la puissance souscrite en kVA. C'est le premier chiffre à relever.
  • Votre tableau électrique : le disjoncteur de branchement porte l'indication du nombre de phases. Un disjoncteur avec un seul pôle de puissance et un neutre est monophasé ; trois pôles plus neutre, triphasé.

En France, une part importante du parc de maisons anciennes et rurales est déjà raccordée en triphasé, souvent pour des raisons historiques — un ancien atelier, une pompe, un chauffage électrique dimensionné il y a trente ans. Beaucoup de propriétaires l'ignorent jusqu'au moment où ils font établir un devis de borne.

Le tableau qui décide à votre place

Une borne de recharge n'est pas un appareil parmi d'autres : c'est la charge la plus lourde et la plus longue de la maison. Voici ce que chaque configuration autorise réellement, en courant.

Raccordement et puissance souscriteCourant disponibleBorne 7,4 kW (32 A mono)Borne 11 kW (16 A tri)Borne 22 kW (32 A tri)
Monophasé 6 kVA26 ANon — la borne seule dépasse déjàImpossibleImpossible
Monophasé 9 kVA39 ALimite — 7 A restants pour la maisonImpossibleImpossible
Monophasé 12 kVA52 AOui — 20 A restantsImpossibleImpossible
Triphasé 12 kVA17 A / phaseOui, mais déséquilibre une phaseLimite — 1 A restantNon
Triphasé 18 kVA26 A / phaseOuiOui — 10 A restants par phaseNon
Triphasé 24 kVA35 A / phaseOuiOui, confortableLimite — 3 A restants
Triphasé 36 kVA52 A / phaseOuiOuiOui — 20 A restants

Les valeurs se calculent simplement : en monophasé, le courant vaut la puissance souscrite multipliée par 4,35 ; en triphasé, par 1,44 et par phase. Une borne de 7,4 kW correspond à 32 A sous 230 V, une borne de 11 kW à 16 A par phase sous 400 V, une borne de 22 kW à 32 A par phase.

Deux conclusions tombent de ce tableau. La première : une borne 22 kW à domicile suppose en pratique un raccordement triphasé de 36 kVA, ce qui est une configuration rare et coûteuse en abonnement pour un usage résidentiel. La seconde, moins connue : sur un abonnement monophasé de 6 kVA, une borne 7,4 kW n'est pas seulement inconfortable, elle est hors jeu — elle appelle 32 A quand le branchement en délivre 26, disjoncteur déclenché avant même que le lave-linge démarre.

La contrainte que personne ne vérifie : le chargeur embarqué

C'est l'erreur la plus coûteuse, parce qu'elle se paye en matériel inutile. La puissance de recharge effective en courant alternatif est la plus faible des deux valeurs : celle de la borne, et celle du chargeur embarqué de la voiture.

Une borne de 22 kW branchée sur un véhicule dont le chargeur embarqué est limité à 7,4 kW délivre 7,4 kW. Pas 22, pas 11. Vous avez payé une borne plus chère, éventuellement une modification de branchement, pour un gain nul.

Or la plupart des véhicules électriques vendus en France acceptent 7,4 kW en monophasé ou 11 kW en triphasé sur leur chargeur embarqué. Les chargeurs 22 kW en courant alternatif sont l'exception, pas la règle — et ils ont plutôt tendance à disparaître des catalogues, les constructeurs privilégiant la charge rapide en courant continu pour les longs trajets. Cette charge rapide relève d'un mode de charge différent, le mode 4, où le chargeur se trouve dans la borne et non dans la voiture : la puissance annoncée en courant continu ne dit donc rien de ce que votre borne domestique pourra délivrer.

Sur un véhicule d'avant 2018, une seconde limite peut s'ajouter : si sa prise est au standard Type 1 et non Type 2, le connecteur ne porte qu'une seule phase et plafonne à 7,4 kW, quelle que soit la borne installée en face.

La vérification prend deux minutes : cherchez « puissance de charge en courant alternatif » ou « chargeur embarqué » dans la fiche technique de votre véhicule, pas la puissance de charge rapide DC qui n'a rien à voir avec votre borne domestique. Si vous hésitez entre deux modèles de borne, faites cette vérification avant de comparer les prix. La question du dimensionnement est traitée plus largement dans notre guide borne 7 kW ou 22 kW : quelle puissance choisir.

Est-ce que 7,4 kW suffisent vraiment ?

Oui, dans la très grande majorité des usages domestiques, et le calcul est facile à refaire.

Une borne de 7,4 kW qui fonctionne pendant une plage de huit heures d'heures creuses restitue environ 59 kWh. Sur une consommation de l'ordre de 17 kWh aux 100 km, cela représente à peu près 350 km d'autonomie récupérés en une nuit. Un trajet quotidien de 40 km consomme moins de 7 kWh : votre borne le compense en moins d'une heure.

Autrement dit, la vitesse de charge à domicile n'est pratiquement jamais le facteur limitant. Ce qui compte est que la voiture soit pleine au matin, et huit heures de branchement y suffisent largement. Passer de 7,4 à 11 kW réduit le temps de charge d'une nuit qui, de toute façon, se déroule pendant votre sommeil.

Le raisonnement change dans un seul cas : si vous rechargez deux véhicules sur la même installation, ou si vous enchaînez de gros trajets quotidiens. Là, la puissance disponible et le pilotage de la charge deviennent des sujets réels.

Faire vérifier votre installation par un installateur IRVE

Annuaire gratuit — le dimensionnement se valide sur place, pas sur catalogue.

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Changer de puissance ou passer en triphasé : deux opérations très différentes

Beaucoup de propriétaires confondent les deux, alors que le coût et le délai n'ont rien de comparable.

Augmenter la puissance souscrite en restant sur le même type de raccordement — passer de 9 à 12 kVA en monophasé, par exemple — est une opération purement contractuelle. Avec un compteur Linky, elle se fait à distance, sous 24 heures, sans déplacement de technicien. Enedis précise que le changement n'est pas facturé dans l'année qui suit la pose du Linky ; au-delà, le coût dépend de votre fournisseur d'électricité et non d'un tarif Enedis standardisé. C'est donc à lui qu'il faut demander le prix.

Passer du monophasé au triphasé est une modification de branchement, pas un changement de puissance. Elle suppose une intervention physique sur le raccordement, elle est payante, et son coût dépend de la configuration du site — distance au réseau, nature du branchement existant, travaux de génie civil éventuels. Aucun montant générique n'a de sens ici : c'est un devis, à demander avant d'arbitrer.

Le réflexe utile : ne payez pas un passage en triphasé pour une borne. Si votre maison est en monophasé 12 kVA, une borne 7,4 kW couvre votre besoin. Si elle est en monophasé 6 ou 9 kVA, l'augmentation de puissance souscrite en monophasé jusqu'à 12 kVA est presque toujours la solution la moins chère et la plus rapide.

Les quatre cas où le triphasé se justifie

Il ne s'agit pas de disqualifier le triphasé, mais de le réserver aux situations où il apporte quelque chose.

  1. Votre maison est déjà raccordée en triphasé. Rien à changer, et une borne 11 kW triphasée équilibre mieux les phases qu'une 7,4 kW monophasée.
  2. D'autres charges lourdes cohabitent : pompe à chaleur, chauffe-eau important, atelier avec machines, piscine. Le triphasé répartit et évite de saturer une phase.
  3. Deux véhicules électriques à recharger, simultanément ou en alternance sur la même nuit.
  4. Votre véhicule accepte réellement 11 kW ou plus en courant alternatif, et vous constatez un besoin de recharge intermédiaire en journée.

Hors de ces cas, l'argument commercial du « triphasé pour être prêt pour l'avenir » se retourne : vous payez aujourd'hui une modification de branchement et un abonnement plus élevé pour une capacité que votre voiture ne sait pas utiliser.

Dans tous les cas, le dimensionnement final relève de l'installateur, qui doit contrôler la section des câbles, l'état du tableau et la conformité à la norme NF C 15-100 — un point à vérifier au même titre que sa qualification IRVE.

FAQ — Monophasé, triphasé et puissance de borne

Peut-on installer une borne de 11 kW en monophasé ?

Non. Une borne de 11 kW est par construction un équipement triphasé : elle appelle 16 A sur chacune des trois phases sous 400 V. En monophasé, la puissance praticable plafonne à 7,4 kW, soit 32 A sous 230 V, et le raccordement lui-même est limité à 12 kVA.

Quelle puissance d'abonnement faut-il pour une borne de 7,4 kW ?

12 kVA en monophasé est le bon dimensionnement : la borne consomme 32 A et il reste 20 A pour le reste du logement. À 9 kVA, il ne reste que 7 A, ce qui impose de charger la nuit avec très peu d'appareils en fonctionnement. À 6 kVA, l'installation ne suffit pas.

Une borne 22 kW charge-t-elle ma voiture deux fois plus vite qu'une 11 kW ?

Seulement si le chargeur embarqué du véhicule accepte 22 kW en courant alternatif, ce qui est rare. La puissance effective est toujours la plus faible entre celle de la borne et celle du chargeur embarqué. Sur un véhicule limité à 11 kW, une borne 22 kW délivre 11 kW.

Faut-il passer en triphasé pour installer une borne de recharge ?

Presque jamais en maison individuelle. Une borne 7,4 kW en monophasé 12 kVA restitue environ 350 km d'autonomie sur une nuit d'heures creuses, ce qui couvre largement un usage quotidien. Le triphasé se justifie si la maison est déjà raccordée ainsi, si d'autres charges lourdes cohabitent, ou pour deux véhicules.

Combien coûte le passage du monophasé au triphasé ?

Il n'existe pas de tarif générique : c'est une modification de branchement, dont le coût dépend de la configuration du site et fait l'objet d'un devis. À ne pas confondre avec une simple augmentation de puissance souscrite, qui se fait à distance sous 24 heures avec un compteur Linky.

Comment savoir si ma maison est en monophasé ou en triphasé ?

Regardez le disjoncteur de branchement dans votre tableau électrique : un seul pôle de puissance avec un neutre indique du monophasé, trois pôles plus neutre du triphasé. Votre contrat de fourniture mentionne également le type de raccordement et la puissance souscrite en kVA.

Une borne monophasée sur une installation triphasée, est-ce un problème ?

Cela crée un déséquilibre : la totalité de la charge se reporte sur une seule des trois phases. Sur un abonnement triphasé de 12 kVA, soit environ 17 A par phase, une borne 7,4 kW qui appelle 32 A ne passe pas. Sur une maison déjà triphasée, une borne 11 kW triphasée est généralement plus adaptée.

Le changement de puissance souscrite est-il gratuit ?

Il n'est pas facturé dans l'année qui suit l'installation du compteur Linky. Au-delà, le coût dépend de votre fournisseur d'électricité, Enedis n'affichant pas de tarif standardisé pour cette prestation. Adressez la demande à votre fournisseur, qui la relaie à Enedis.

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